• De quoi parlons-nous ?

    Parce que nous venons toutes et tous d'univers différents, accordons-nous sur quelques notions structurantes de notre approche.

    #COMMUN

    Un commun est une ressource gérée collectivement par une communauté, selon une forme de gouvernance définit par elle. L'émergence d'un commun, c'est la recherche par cette communauté d’un moyen de résoudre un problème, de répondre à un besoin, de satisfaire une envie en agissant au bénéfice de l’ensemble de ses membres, voire au delà. Un commun repose ainsi sur trois piliers essentiels :

    • une ressource : matérielle (jardin partagé, machine-outil, centre de santé, etc.) ou immatérielle (logiciel, savoir-faire, formule d'un vaccin, etc.) ;

    • une communauté : un groupe de personnes et/ou d'organisations qui se déclarent ou se considèrent solidaires, c’est-à-dire liées entre elles par une responsabilité, un intérêt, une attention commun.e vis-à-vis de cette ressource ;

    • une gouvernance : c'est cette communauté, concernée par cette ressource, qui est légitime pour déterminer la manière de se gouverner elle-même et d'exercer le pouvoir sous la forme qui lui convient le mieux (ex. une seule personne désignée par les autres prend les décisions ; ou toute décision est soumise à un vote collectif ; ou l'on fait confiance à chacun a priori du moment qu’il informe tout le monde de ce qu’il fait et que personne n’émet d’objection, etc.). La communauté fixe également les règles d'accès, d’utilisation (ou d'usage), de gestion, de protection, de maintenance et de contribution à cette ressource. Aussi, tant que ces règles ne contreviennent pas à la loi en vigueur dans le pays où se trouve le commun, elles peuvent prendre les formes les plus diverses.

    Au final, un commun est à la fois une ressource partagée ET l'ensemble des interactions sociales, économiques, politiques, etc., que cette ressource génère autour d'elle et qui animent la communauté qui en prend soin.

    #COMMUNAUTÉ

    Une communauté est un groupe de personnes et/ou d'organisations unies par une vision, une volonté ou des circonstances semblables (ex. exercer la même profession, être aidant, habiter dans ce quartier, etc.), et qui agissent collectivement dans un but commun.

    Selon ses caractéristiques et l’orientation de ses activités, cette communauté peut être « d'apprentissage », « de pratique », « d'intérêt », « d'élaboration de connaissance », « de recherche », ou tout à la fois.

    Cette communauté peut être locale et peu nombreuse (ex. quelques habitants d'un quartier qui se réunissent autour d'un jardin partagé), ou plus large et plus nombreuse (ex. de multiples groupes linguistiques qui collaborent à l’échelle mondiale autour de Wikipedia).

    La communauté est « …à la fois un endroit, des gens vivant en cet endroit, l’interaction entre ces gens, les sentiments qui naissent de cette interaction, les activités et la vie commune qu’ils partagent, ainsi que les règles qui organisent ces activités et cette vie ».

    Une communauté s'évalue à sa vitalité, à son caractère "vibrant" et à l'implication de ses membres.

    Les communautés sont affaire de : relations multi-directionnelles et de solidarité, de rôles et responsabilités, de contributions et de reconnaissance, sentiment d'appartenance/ouverture et de frontières, pair-à-pair, entraide et partage, sentiment d'appartenance et de frontières, d'intention et de récit collectif, créer de l'engagement et d'implication, de contribution/participation et de reconnaissance, auto-gestion et informalité, prise d'initiative et organisation horizontale/collective, de vitalité et d'animation, d'individus et de collectif, rituels et de routine, d'outils et de pratiques collaboratives, confiance, co-construction

    #COOPÉRATION OUVERTE

    La coopération désigne l'action de participer à une oeuvre commune. Dans sa forme « ouverte », elle donne à voir et met en partage au-delà du seul groupe des acteur.ice.s impliqués.

    changements de posture pour "faire avec", "être en attention", "donner à voir", apprendre à coopérer et développer les communs.

    Réflexions, processus de travail, expériences et productions sont ainsi « ouverts » à d'autres à des fins d'inspiration, de réutilisation ou d'élaboration de connaissances et savoirs partagés.

    Elle constitue un profond changement de culture et de pratique dans une société où le travail est organisé de manière cloisonnée et hiérarchique, et dans laquelle nos interactions sont dominées par des relations de marché et de propriété. Nous en attendons généralement qu'elle stimule la créativité, qu'elle favorise l’implication des personnes, qu'elle facilite l’innovation sociale.

    La coopération ouverte se fonde sur trois éléments essentiels :

    1) la coopération ne s’exerce pas au moyen du seul travail, elle sollicite l’ensemble des capacités et finalités humaines ;

    2) la coopération n'est pas à durée déterminée, elle n’a pas d’horizon fini ; 3) n'est pas est une association ou une collaboration à objet déterminé, elle est un processus libre de découverte mutuelle.

    En d'autres termes, la coopération mobilise l’intelligence collective pour stimuler notre capacité de penser et rêver ensemble – et non la simple capacité de faire ensemble par souci d'efficacité ou d'efficience.

    Les coopérations ouvertes sont affaire de : décloisonnement, changement de posture et d'habitude, créativité, implication des personnes, de communs, démarches contributives, « faire avec », temps long, sérendipité

     

    Selon notre exploration, le terme est utilisé pour la première fois en France en 2006 par Dominique Cardon, pour décrire les “racines du modèle de l’innovation ascendante”, issues du travail d’Eric Van Hippel :
    la nécessité de trouver par soi-même des solutions adaptées à ses besoins
    une proximité avec les usages
    si bien que chercher à la protéger et à contrôler ses utilisations affaiblit sa qualité et ses chances d’attirer à elle l’attention des industriels.

     

    La coopération ouverte c'est apprendre à donner à voir, copier, réutiliser, partager demande du temps parce que ce n’est pas dans nos habitudes. Aujourd’hui l’innovation ouverte progresse dans les entreprises où elle stimule la créativité, dans les services où elle favorise l’implication des personnes, dans le tiers secteur où elle est facteur d’innovation sociale

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